lundi 26 mai 2014

L'or africain


C'est un véritable business qui ne dit pas son nom qui se développe autour de l'or au niveau des sites d'orpaillage traditionnel. Des gens investissent dans l'or en finançant des orpailleurs. Une fois les recherches concluantes, ils partagent les recettes. «Je viens de Dakar il y a quelques jours. Je suis venu ici pour financer des projets. Il y a des jeunes qui peuvent creuser des puits pour rechercher de l'or, mais ils n'ont pas de quoi manger.
Le financement consiste à assurer et prendre en charge la restauration pour quatre à six jeunes. Je leur donne de quoi manger tous les jours et eux s'activent au niveau des puits. Quand ils trouvent de l'or, nous partageons les recettes après la vente. Le financement se fait en fonction de l'unité de mesure qui est la taille d'un homme debout, les mains en l'air ("kéélo" en bambara)», renseigne un habitant de Kharakhéna établi à Dakar.
Le marché de l'eau
La vente d'eau rapporte au niveau des sites d'orpaillage, surtout en cette période de canicule et compte tenu que c'est le liquide précieux qui est utilisé pour le traitement des rochers. Le bidon de 20 litres d'eau de puits est vendu à 200 F Cfa l'unité là où l'eau de la pompe est échangée contre 500 F Cfa. Or, par exemple à Kharakhéna, il n'y a qu'une seule pompe pour alimenter tout le village. Ce qui pose problème. Vu la ruée vers ce nouveau site, l'approvisionnement en eau des populations devient de plus en plus difficile. Suffisant pour que les populations en appellent à «multiplier les pompes» pour étancher leur soif.
L'alcool et la prostitution
L'alcool coule à flots dans les sites d'orpaillage. Un tour au niveau des habitations de fortune faites de crintins couverts de pailles, qui servent de logement aux orpailleurs permet de s'en rendre compte. Par exemple à Kharakhéna, un bar est tenu par des Nigérians. Tout juste derrière, un monticule de bouteilles et cannettes vides de boissons alcoolisées en dit long sur l'ampleur de la consommation de liqueur. Pis, ces récipients jetés sont visibles un peu partout le long des ruelles et derrière les concessions.
Aussi se développe la prostitution. Mieux, des orpailleurs, après avoir touché au «jackpot», n'hésitent pas à s'attacher les services de filles de joie pendant plusieurs jours. Ici, des diouratiguis prennent en «location» des prostituées qui sont mises à leur disposition une ou deux semaines durant, c'est selon, moyennant un ou plusieurs millions de FCfa.
Le solaire
Faute d'électricité dans quasiment tous les sites traditionnels d'orpaillage, les populations ont recours à l'énergie solaire pour illuminer les maisons. Ce qui fait que partout, des panneaux solaires sont exposés et destinés à la vente.
La ruée vers les deux roues
Aussi du fait de la mobilité difficile dans la région et de l'éloignement des sites d'orpaillage par rapport aux villages, les «diouratiguis» se paient des motos dès l'écoulement de l'or. Elles sont utilisées pour le convoyage de sacs de sable aurifère et même comme moyen de transport de personnes (tricycles) des sites d'orpaillage au village, distant des fois de plus d'un km. Ce qui fait que la vente des deux roues (vélos et grosses motos) et tricycles est un commerce florissant dans la zone. Partout ces engins sont exposés. Certains préfèrent aller au Mali voisin où la moto coûte 400 mille FCfa. Le dédouanement leur revient à 100 F Cfa l'unité.
Des forgeronsse frottent les mains
Les sites d'orpaillage, c'est aussi d'autres petits métiers connexes. Ainsi, les diouratiguis utilisant des moyens rudimentaires et matériaux locaux (piques et pioches, petites houes, brins, etc.) des forgerons trouvent là un créneau à exploiter. M. Barry, est l'un d'eux. Il a quitté sa Guinée natale pour s'installer au niveau du site d'orpaillage de Kharakhéna. «Ici la règle c'est le marchandage. Je vends mes produits à 3000 et 3500 F Cfa le matériel ou plus, selon l'article choisi», confie-t-il.

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